
L’effet Harun Farocki
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Cette rétrospective présente pour la première fois une vaste sélection de films militants réalisés tout au long des années 1960 ― dont certains ont été récemment restaurés ―. L’exposition prend comme point de départ ces œuvres consacrées à l’image opérationnelle, c’est-à-dire « des images qui ― comme le dirait l’auteur lui-même ― ne sont faites ni pour divertir ni pour informer ». À la suite de la première guerre du Golfe, la vidéosurveillance et les technologies de guerre mises en œuvre par des dispositifs visuels ont fait l’objet d’une longue recherche de la part de Farocki. À tel point que Farocki a anticipé cette époque où les images sont produites par des machines, mais aussi, et surtout, lues par des machines.
L’exposition « L’effet Harun Farocki » retrace l’un des parcours critiques les plus fulgurants du XXe siècle. À la fois critique, pédagogique et sobre, le travail de Farocki a inauguré une nouvelle forme d’expérience muséale qui transforme les visiteuses en actrices actives. La juxtaposition des installations et des œuvres dans un espace continu produit ce que l’auteur lui-même a appelé le « soft montage » : un montage dans lequel, tandis que nous contemplons une œuvre, nous commençons à en apercevoir d’autres du coin de l’œil. L’exposition est complétée par des programmes de projections, des ateliers et des activités destinées aux enfants et à leurs familles, car Farocki ― malgré sa réputation d’auteur difficile ― nous offre un cinéma limpide.